Un récit de Fukushima – Le directeur parle

Résultat de recherche d'images pour "«Un récit de Fukushima - Le directeur parle»"

Franck GUARNIERI – Sébastien TRAVADEL
PUF, 2018

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 se produit au large du Japon. Un gigantesque tsunami balaie la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi et noie les diésels de secours. La centrale se trouve plongée dans le noir et les instruments de mesure sont devenus inutilisables. Les réacteurs 4, 5 et 6 étaient en arrêt programmé et les réacteurs 1, 2 et 3 qui étaient en fonctionnement se sont arrêtés automatiquement. Mais il faut évacuer la puissance résiduelle.

Ce livre donne la traduction française d’extraits des auditions du directeur de la centrale, Masao Yoshida qui a dirigé, pendant plusieurs jours, les opérations depuis le centre de crise local. Durant ces événements, Yoshida a une obsession : refroidir en permanence les combustibles nucléaires pour empêcher leur fusion et la percée des cuves des réacteurs qui entraînerait une catastrophe majeure. Il faut donc, par tous les moyens possibles, approvisionner et injecter de l’eau, eau douce ou eau de mer.
Il faut lutter contre la machine devenue hostile, la machine anthropomorphisée devenue un monstre à combattre. Les procédures sont dépassées : elles n’ont pas prévu la situation présente. Il faut bricoler, notamment avec des camions pompiers. Yoshida communique régulièrement en téléconférence avec la direction de Tepco, l’exploitant, et les autorités. Mais il n’écoute pas leurs conseils voire leurs ordres. Le monde extérieur est vécu comme incapable de comprendre la réalité du terrain. Lui même qui est à côté des réacteurs mais ne peut pas sortir du centre de crise se juge déjà loin du terrain, celui où ses hommes agissent, dans un milieu où la radioactivité est élevée et où il y a risque d’explosion. C’est à eux seuls qu’il fait confiance. Le groupe acquiert un sentiment d’autonomie face à l’adversité.

À un moment donné, Yoshida envoie ses hommes intervenir alors qu’un bâtiment réacteur explose. Il présente ses excuses et songe à se faire hara-kiri. Comme il n’y a que des blessés plutôt légers, il se reprend.

En définitive, l’intégrité des cuves des réacteurs sera préservée et une catastrophe encore plus grande sera évitée. Le livre offre un témoignage humain, un récit de vie, un matériau inestimable pour ceux qui réfléchissent à la gestion de crise en situation extrême.

Les auteurs proposent de fonder un projet scientifique d’étude de la gestion des risques et des catastrophes industrielles sur la traque systématique des formes du sacré, telles qu’elles surgissent des rapports violents avec les machines dont les forces s’imposent à l’homme d’autant plus implacablement que l’homme prétend les asservir.

Philippe LE POAC, Président de l’IMdR

 

Se procurer le livre en cliquant ici

Publicités