La prise de décision agile. Anticiper les risques grâce aux signaux précurseurs

La prise de d̩cision agileJ. MAGNE РJ. PIGNAULT РL. DUBAU, Dunod 2017
Editions Dunod, janvier 2017, 240 pages – EAN 13 : 978-2100758111

Une abondante littérature a déjà été publiée sur les notions de signaux précurseurs, sous des appellations variées de signaux avant-coureurs, signaux faibles…

L’originalité de cet ouvrage est d’avoir su relier les caractéristiques du cycle du « guetteur vigilant » (observation – extraction – identification – décision – suivi des impacts attendus) aux trois piliers de la bonne décision (pertinence – concertation – anticipation). De ce fait, les auteurs ne placent pas le « guetteur vigilant » au seul niveau de l’opérateur, mais l’inclut dans toute la chaîne décisionnelle. Car pour eux, « dans toute activité humaine se mêlent action, réflexion et coordination », dégageant ainsi une « trilogie d’acteurs » (opérateur – superviseur – dirigeant). De manière à correspondre aux trois piliers de la bonne décision, les auteurs débouchent alors sur une notion de « signal – guetteur » permettant de définir le type d’acteur qui serait le mieux placé pour capter et interpréter un signal précurseur.

Trois exemples sont développés pour tester cette hypothèse : l’accident du vol Rio-Paris du 1er juin 2009 ; l’accident de la plateforme de forage Deepwater Horizon du 20 avril 2010 ; Jérome Kerviel et la Société Générale (janvier 2008). Au travers de ces exemples – ainsi que d’autres moins développés – les freins empêchant d’utiliser au mieux les signaux précurseurs deviennent parfaitement lisibles. Ils présentent alors une source d’informations particulièrement riche, facilitant ainsi l’émergence de leviers permettant au contraire de tirer profit des signaux précurseurs.

Ces leviers sur lesquels il serait judicieux d’agir sont de trois ordres :

  • comportemental, à tous les niveaux de la trilogie d’acteurs de façon à s’approprier le sens des actions du guetteur vigilant, à accepter la responsabilité de mener à bien les tâches et d’être en appui ou de pouvoir s’appuyer sur les différents acteurs
  • culturel, permettant de créer un climat de confiance facilitant la concertation
  • organisationnel, afin de définir les rôles de chacun, de répartir les tâches et les modes de communication, de diffuser les retours d’expérience enrichissant ainsi le partage des connaissances.

Toutefois, les auteurs semblent avoir sous-estimé le fait qu’il existe également, au delà de la chaîne hiérarchique directe, des relations d’interface entre différentes équipes, voire la présence de sous-traitants. Toutes ces relations indirectes peuvent créer des ruptures dans les modes de communication. Les auteurs incitent les entreprises à travailler, au cas par cas, sur chacun de ces leviers afin de créer une nouvelle dynamique managériale capable de sensibiliser – aussi bien les niveaux hiérarchiques que les différentes entités de travail – aux avantages d’une nouvelle mission, celle d’un couple signal – guetteur vigilant. Ainsi ces entreprises devraient améliorer leurs capacités à mieux répondre aux exigences de sécurité et de sûreté.

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